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Le Commonwealth

C'est l'ensemble des Etats et territoires qui sont issus de l'Empire britannique et ont gardé en eux des liens plus moraux que juridiques. Le terme apparait pour la première fois en 1921 dans le Traité de Londres. La décolonisation oblige à reconsidérer les définitions antérieures. Tous les territoires qui se trouvaient sous juridiction britannique n'ont pas rejoint le Commonwealth. En 1949, le Commonwealth est défini comme un ensemble multi-ethniques et multilinguistique, dont le souverain britannique est le chef. Exemples d'Etats membres : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Sri Lanka, Ghana, Malaisie, Chypre, Nigeria, Tanzanie, Botswana, Kenya,...

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La décolonisation en Asie

L'émancipation de l'Asie du Sud-Est est en partie une conséquence de la défaite japonaise. En 1945, seule la

Thaïlande était indépendante. En 1957, dix nouveaux Etats sont nés. Cette émancipation provient du sentiment nationaliste et antieuropéen des promesses faites pendant la guerre par les occupants japonais comme par les puissances européennes, et des encouragement américains. La décolonisation de l'Asie du Sud-Est se fait dans la violence et n'aboutit pas à une stabilité totale.

L'inde avait depuis longtemps un moubement nationaliste très organisé, le parti du Congrès créé en 1886. Pendant la guerre, alors que l'expansion japonaise menace l'Inde, le chef du parti du Congrès, Nehru, demande l'indépendance immédiate et souhaite la participation de l'armée indienne à la lutte contre le Japon. A la fin de la guerre, le nouveau

Premier ministre travailliste, Attlee, est très favorable à l'octroi de l'indépendance, mais la décolonisation est compliquée par le fait que l'Inde est une mosaïque de races et de religions d'où émergent un groupe hindou et un groupe musulman. Les musulmans ne veulent pas se trouver minorité religieuse et politique dans une Ide dominée par le parti du Congrès et ils réclament la création d'un Pakistan indépendant. Les incidents dégénèrent en une véritable guerre civile. Les

Anglaisdécident en février 1947 d'évacuer l'Inde.

Lord Mountbatten, vice-roi des Indes, est chargé de la mission d'acheminer le pays à l'indépendance (1947) en y favorisant la partition : d'un côté, l'Inde, Etat laïque, de l'autre, le Pakistan, Etat religieux musulman, formé du Pakistan occidental, le Pendjab et du Pakistan oriental, parti est du Bengale. Les deux Etats indépendants s'associent au Commonwealth.

L'inde réclame aussitôt la rétrocession des enclaves étrangères, portugaise (Goa) et françaises (Pondichéry,...). Le Portugal refuse. La France attend 1954 pour céder ses comptoirs à l'Inde. Les pakistanais réclament le contrôle du territoire frontalier du Cachemire attribué à l'Inde. Une guerre en 1947-1948 aboutit à une ligne de démarcation, théâtre de futurs conflits territoriaux. Quant au Tibet, à l'autonomie duquel tenait l'Inde, la Chine populaire en prend le contrôle total en 1950.

Occupée par les japonais pendant la guerre, la Birmanie obtient du Royaume-Uni son indépendance en 1948 et refuse d'entrer dans le Commonwealth. Le nouvel Etat est en proie à la guerre civile menée à la fois par les communistes et par la populations Karen qui réclament leur autonomie. Les Philippines deviennent indépendantes en 1946 et accordent des concessions économiques et des bases aériennes navales aux Etats-Unis pour une durée de 99 ans. Pour l'Indonésie, la Seconde Guerre mondiale joue un rôle décisif. Le parti nationaliste indonésien du Docteur Soekarno n'hésite pas à collaborer avec les Japonais qui lui accordent l'indépendance. La reprise en main par les Hollandais est difficile. Ils créent en 1947 une Fédération d'Indonésie, comprenant le territoire de Java, dirigé par des Indonésiens, les autres territoires étants dominés par les Hollandais. La rupture survient en 1948 après de nombreux incidents. La

Haye croit alors le moment venu de reprendre le contrôle du pays, mais après avoir engagé le combat, les Hollandais – sur la pression des Américains, des Anglais et des Nations Unies – doivent accepter l'indépendance totale de l'Indonésie. En 1949, La Haye abandonne toute souveraineté sur ce qui étaient les Indes néerlandaises.

En Indochine aussi, l'occupation a été décisive. En mars 1945, l'indépendance du Viêt-nam est proclamée et aboutit à la création d'un gouvernement de coalition dirigé par Hô Chi Minh qui proclame la République. Dès la fin de la guerre, le général De Gaulle décide de constituer une force expéditionnaire, confiée au général Leclerc, pour reprendre pied en Indochine, évacuée par les japonais et occupée au nord par les chinois, au sud par les anglais. Les difficiles négociations entre français et vietnamiens aboutissent le 6 mars 1946 à un accord permettant aux troupes française de réoccuper le Tonkin. En contre-partie, la France reconnait la république du Viêt-nam. Les Fédérations des Etats indochinois, comprenant la Viêt-nam, le Cambodge et le Laos, serait associé à l'Union français. Cependant, en 1946, Hô Chi Minh et le gouvernement français signent les accords de Fontainebleau. Sur place, en Indochine, la situation s'aggrave brusquement après des incidents à Haiphong et le bombardement de la ville de la marine française. En décembre 1946 une guerre commence, qui va durer près de 8 an ; la France constate qu'elle ne peut pas imposer le retour pur et simple à la situation d'avant-guerre, si bien que par les accords de la baie d'Along elle met en place en juin 1948 un Etat vietnamien, avec à sa tête

l'empereur Bao Dai, et auquel elle promet l'indépendance totale. A partir du déclenchement du conflit de Corée, la guerre d'Indochine devient un autre front de la guerre idéologique entre

l'Ouest et l'Est. En janvier 1950, Hô Chi Minh obtient la reconnaissance diplomatique de son gouvernement par Moscou et Pékin, qui lui apporte une importante aide militaire. De son coté, l'armée française, commandée par le général de Lattre de

Tassigny, et puissamment aidée sur le plan matériel et financier par les américains, redresse un temps la situation. Mais la position militaire franco-vietnamienne ne tarde pas à s'aggraver en raison du renforcement du Viêt-Minh et la décision du Haut Commandement français d'organiser dans le Tonkin occidental un centre de résistance que l'armée Viêt-Minh attaque en mars 1954.

Alors qu'une conférence se réunit à Genève pour discuter de la paix en Corée et d'un armistice en Indochine, survient la nouvelle de la chute de Diên Biên Phû (ville du Tonkin occidental), en mai (2 mois plus tard) qui accélère le processus de paix. Un armistice est signé le 20 juillet 1954 qui divise l'Indochine en deux partie : le Viêt-nam du Nord où dominent les communistes et le Viêt-nam du Sud où règnent les nationalistes menés pr Ngô Dinh Diêm et soutenus par les américains.

Les troupes françaises doivent évacuer l'Indochine dans un délai de quelques mois et des élections être organisées dans un délai de 2 ans, pour envisager une réunification du Viêt-nam. Après la Corée et l'Allemagne, un nouveau pays est divisé par une frontière idéologique, le « rideau de bambou ».

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La décolonisation au Proche et Moyen-Orient

Au Proche-Orient, les pays recouvrent peu à peu leur entière indépendance alors que la création de l'Etat d'Israël, en 1948, et l'exploitation des richesses pétrolières provoquent déjà des crises sérieuses avec l'Occident.

La fin des mandats. Au Liban et en Syrie, la contestation des mandats confiés à la France par la SDN à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman e contraignent les français à stopper toute velléité de mainmise sur ces territoires et à promettre l'indépendance accordée au milieu de troubles très violents en mai 1945. Alors que l'armée française commence à riposter, la Grande-Bretagne lance un ultimatum à la France pour l'obliger à céder. De son côté, le Royaume-Uni a accordé successivement l'indépndant à l'Irak (1930), à l'Egypte (1936) sous réserve de quelques positions au Caire, à

Alexandrie et sur le canal de Suez, et à la Transjordanie (1946). La création de l'Etat d'Israël en 1948 né de la convergence d'une conviction millénaire, le sionisme (retour à Sion = Jérusalem) amène les juifs dispersés dans le monde entier à rejoindre ceux qui étaient demeurés en Palestine. La Grande-

Bretagne, après avoir patronné l'idée d'un Foyer national juif par la déclaration Balfour (1917) est revenue à une politique proarabe, consistant à stopper l'émigration et à fractionner le territoire qui resterait sous influence anglaise, mais la

Seconde Guerre mondiale joue un rôle d'accélérateur : la révélation du génocide renforce dans l'opinion publique la cause du sionisme et accélère l'arrivée des Juifs en Palestine. La question palestinienne est-elle soumise en 1947 à une commission

d'enquête de l'Organisation des Nations Unies qui recommande de constituer un Etat juif, un Etat arabe et

d'internationaliser Jérusalem selon un plan de partage accepté par les Juifs, mais rejeté par les Arabes. Sans attendre la réalisation du plan, la Grande-Bretagne décide de mettre fin à son mandat en mai 1948. Dès le 14 mai, les

Juifs proclament l'Etat d'Israël, immédiatement reconnu par les Etats-Unis et l'Union soviétique. Aussitôt les armées arabes pénètrent en Palestine. Les opération militaires (1949) tournent à l'avantages des Israéliens avec lesquels les Arabes concluent une des armistices. Les accords de cessez-le-feu mettent un terme à la lutte armée, non à l'état de guerre.

Jérusalem est partagée entre les Israéliens et les Transjordaniens qui annexent la rive droite du Jourdain et constituent ainsi la Jordanie en 1950. L'Egypte annexe la bande de Gaza. En mai 1949, Israël est admis à l'ONU. La Ligue arabe refuse de reconnaitre le fait accompli et conclut un pacte de défense entre pays arabes en avril 1950.

– L'instabilité politique. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne adoptent une position commune en mai 1950. Par une déclaration tripartite, ils décident de restreindre les ventes d'armes aux seuls pays qui s'engageraient à ne commettre aucune agression, et surtout ils garantissent le statu quo territorial.

– L'enjeu pétrolier. Les rivalités, dues aux riches gisements de pétrole du Moyen-Orient, s'ajoutent aux problèmes politiques. Les Etats-Unis, par compagnie privées interposées, tentent de s'assurer une part de la production pétrolière de la région. Ils se heurtent aux intérêts britanniques. Les compagnies pétrolières sont confrontées aux nationalismes, à l'occasion de la construction d'oléoducs destinés à acheminer le pétrole vers la Méditerranée ou de la négociation de conventions. Leurs profits sont considérables, puisqu'en 1950 l'Iran ne touche que 9% de royalties de l'Anglo Iranian Oil Company. En mars 1951, sous la pression des milieux nationalistes, menés par Mossadegh, le parlement iranien décide de nationaliser les pétroles et en particulier les bien de l'Anglo Iranian Company. Cette crise tourne à l'épreuve de force anglo-iranienne et à un conflit interne grave : Mossadegh est finalement arrêté le 24 août 1953. Les Intérêts anglais et américains retrouvent leur assise dans un régime autoritaire sous la direction du Shah.

– Le conflit anglo-égyptien. Les Anglais prennent en 1948 l'initiative de favoriser l'accession à l'indépendance du Soudan, ce qui a pour effet d'y éliminer l'influence égyptienne. Par réaction, en 1951, e gouvernement de Nahas Pacha décide de demander au Parlement l'abrogation du traité anglo-égyptien en 1936 (qui devait rester en vigueur jusqu'en 1956) et la proclamation du roi Farouk, « roi d'Egypte et du Soudan ». L'Angleterre s'y oppose avec vigueur et envoie d'importants renforts dans la zone du canal, manifestant ainsi sa volonté de s'y maintenir. Les Etats occidentaux proposent à l'Egypte d'assurer la défense du canal par un organisme international commun auquel elle adhèrerait. A la suite d'émeutes anti-britanniques au Caire en 1951 et 1952, la tension anglo-égyptienne est de plus en plus vive jusqu'à la décision du roi Farouk de remplacer Nahas Pacha par un Premier ministre plus conciliant.

Après le coup d'Etat d'un groupe d'officiers sous la direction du général Neguib, le roi Farouk abdique, la monarchie est abolie et le général Neguib devient président jusqu'à son limigeage et son remplacement par le colonel Nasser (1954). Le grand dessein de celui-ci est l'union des peuples arabes. Il réussit à signer avec l'Angleterre un traité définitif assurant l'évacuation des troupes britanniques. Il adopte un neutralisme anti-occidental et annonce sa volonté d’anéantir l'Etat d'Israël.

Face à tous ces remous, la Grande-Bretagne soutient l'initiative de l'Irak et de la Turquie de conclure un traité « pour assurer la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient » (1955). Au cours de la même année, la Pakistan et l'Iran adhèrent au pacte de Bagdad. L'Egypte de Nasser et l'Union soviétique protestent vivement contre le Pacte de Bagdad, que les Etats-Unis considèrent comme l'une des clés de leur système de défense.

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Le cas particulier de l'Amérique latine

A la conférence interaméricaine de Mexico (1945), les Etats américains signent l'Acte de Chapultepec qui met en place un système de sécurité collective en Amérique. A la conférence de Rio de Janeiro (1947), ils signent le pacte de Rio, qui est un traité interaméricain d'assistance réciproque.

L'Union interaméricaine est renforcée par une charte de l'Organisation des Etats américains (OEA) signée le 30 avril 1948 qui groupe les 20 républiques américaines. Toutefois, l'après-guerre amène un refroidissement entre les Etats- Unis et les pays latino-américains qui réclament l'évacuation des bases militaires installées sur leur territoire et souhaitent bénéficier d'un programme d'aide économique semblable au Plan Marshall. L'arrivée au pouvoir du colonel Peron à la présidence de la République (46-55) aboutissent à instaurer un régime inspiré de l'exemple fasciste et caractérisé par un populisme social aux accents nationalistes et anti-impérialistes. Du coup, les relations se tendent entre les Etats-Unis et l'Argentine. Des troubles secouent les pays d'Amérique latine où des nationalistes luttent pour l'indépendance économique de leurs pays et où des coups d'Etat éclatent, comme en mai 1964 au Paraguay.

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