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Les tentatives de réponse à la crise

Pour répondre à l’OPEP, la diplomatie américaine créait au sein de l’OECE l’Agence Internationale de l’Energie ou AIE. La France n’y participe pas car c’est en désaccord avec sa politique d’amitié avec les pays en voie de développement. La France organise conférence sur les matières premières à Paris en décembre 1975 invitant des pays du Sud comme du Nord pour renouer le dialogue mais elle bute sur le pétrole. Une autre conférence sera organisée en 1977 mais elle ne fera que réaffirmer les principes d’un nouvel ordre économique international.

En octobre 1981, la conférence au sommet de Cancun, 22 pays décident d’ouvrir des négociations dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. La CEE fait preuve d’originalité dans la tentative Nord/Sud en établissant des relations privilégiées avec 58 pays du Tiers Monde par les accords de Lomé I en février 1975 et Lomé II en octobre 1979, avec des facilités commerciales, des aides. C’est un accord de politique multilatérale qu’on ne peut plus accusé de néocolonialisme.

C’est aussi le début de la concertation entre pays industrialisés. La réunion à Rambouillet en novembre 1975 à l’initiative de Giscard donne naissance au G7 qui deviendra G8.

Les négociations du GATT entre 1973 et 1979 connues sous le nom de Tokyo Round parviennent à un accord pour combattre les entraves aux échanges, mais cela n’empêche pas les mesures protectionnistes pour autant. En 1979, Paul Volcker, le directeur du Federal Reserve Board décide de limiter la croissance de la masse monétaire en augmentant les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Le cours du dollar augmente et accentue partout le repli déflationniste et oblige tout les pays à une politique d’austérité. Les pays industrialisés touchent le fond de la crise avec des records de chômage, les pays sous développés s’endettent auprès d’organismes internationaux qui les obligent à une politique d’austérité catastrophique.

La crise augmente la compétition économique, elle détériore les paiements extérieurs, la peur de la pénurie de denrées nécessaires à la vie pèse sur les relations internationales.

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Les différents aspects de la crise

Le désordre du système monétaire international

Cette situation jour un rôle très important. Ce désordre est dû à la chute du dollar (par la décision de Nixon de détacher le dollar de l'or) et à la sanction de cette politique anarchique. De ce fait, le déficit de la balance des paiements américaine se creuse et l'ampleur des liquidités internationales s'accroit. Les principales monnaies flottent et le système imaginé à Bretton-Woods (accords de 1944 qui ont donné naissance au FMI et à la Banque Mondiale) est mort. Au terme de la conférence de la Jamaïque en 1976, les pays occidentaux décident de remplacer ce système. Au terme de cette réunion, il n'y a plus de prix officiel de l'or, et les changes flottants sont légalisés. Le véritable capital de réserve du système monétaire est assuré par les Droits de tirages spéciaux (DTS) en fonction desquels sont définies les nouvelles parités. Les DTS sont un nouvel étalon de change international qui fonctionne dans le cadre du Fonds Monétaire International (FMI). La valeur des DTS est définie par un ensemble de monnaies des différents pays industriels.

Les chocs pétroliers

Le détonateur du choc pétrolier de 1973 réside dans les décisions prises par les pays arabes producteurs de pétrole alors que la guerre israélo-arabe n'est pas terminée. Ces décisions portent sur l'embargo de vente du pétrole vers certains Etats, la réduction de la production et surtout l'augmentation des prix. Les deux facteurs de la crise pétrolière sont :

– la croissance de la part du pétrole dans la consommation d'énergie : la part du pétrole est passée d'un tiers à 2/3 dans la consommation, au moment où la consommation d'énergie annuelle triplait dans le monde.

– la volonté croissante des Etats producteurs de pétrole d'en profiter eux-mêmes : jusqu'en 1960, l'essentiel du pétrole était reversé aux Etats des royalties en échange de concessions d'exploitation. A l'exception des USA ou de l'URSS, la plupart des pays consommateurs de pétrole n'en produisent pas (ou presque).

La production est concentrée au Venezuela, au Nigeria, en Indonésie et surtout autour du golfe Persique notamment en Arabie Saoudite, en Iran, en Irak, au Bahreïn, au Koweit et au Qatar. Le Venezuela, l'Iran, l'Irak, Arabie Saoudite et le Koweit ont créé l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole). Désormais, les pays de l'OPEP essayent d'obtenir davantage de royalties (commission monétaire reversée en fonction d'un pourcentage de chiffre d'affaire) et ensuite de nationaliser totalement la production de pétrole. En 1973, les pays de l'OPEP décident que le prix du baril de pétrole passe de 3 dollars à plus de 5 dollars. Les pays arabes envisagent, quelques jours plus tard, un système d'embargo contre les pays qui paraissent soutenir Israël (les Etats-Unis et les Pays-Bas). Ils décident de réduire la production petit à petit tant qu'Israël n'aura pas évacuer les territoires occupés. En 1974, ce système est abandonné.

En décembre 1973, le prix du baril s'élève à plus de 11 dollars. Alors que les effets du choc pétrolier s'atténuent, l'effet de la demande provoque un nouveau choc. Le prix du baril atteint 34 dollars à la fin de 1981.

Les conséquences de la crise

Les conséquences qui concernent d'abord les pays industrialisés sont grave. Menacés d'une pénurie, l'Europe occidentale et le Japon (dont toute l'économie repose sur le pétrole) sont en panique. L'inflation s'accélère particulièrement en Grande-Bretagne et en Italie. Aux Etats-Unis, en Allemagne et au Japon, l'inflation est combattue par des plans d'austérité qui provoquent une baisse réelle de la productivité et du niveau de vie. Dans tous les pays, la hausse des prix met un frein à l'expansion. Cette crise est la combinaison d'une récession limitée et d'une certaine inflation : la « stagflation »

Quant aux pays sous-développés, leurs disparités s'accusent car ils ne sont pas affectés de la même façon par la crise.

D'un côté on trouve les Etats producteurs en matières premières, en particulier exportateurs de pétrole. De l'autre côté on trouve les pays pauvres qui ne sont pas producteurs de pétrole et pour lesquels les frais d'importation du pétrole sont tout à fait insupportables. Même au sein de l'OPEP, on assiste à une division entre les Etats soucieux de ménager les économies occidentales en n'augmentant pas inconsidérablement les prix du pétrole (l'Arabie Saoudite) et ceux qui sont décidés à en profiter au maximum (l'Iran, la Libye).

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La guerre de Kippour

En 1973, l'occasion d'une guerre parait propice au successeur de Nasser, el-Sadate. Israël est désapprouvé par plusieurs Etats européens, dont la France, en raison de son obstination à garder les territoires conquis en 1967. Son isolement diplomatique est croissant. Le monde arabe retrouve une certaine unité, une puissance. Il a acquis le soutien de l'URSS plus que jamais.

L'attaque égypto-syrienne est déclenchée en plein Ramaddan, le jour même de Kippour. Les égyptiens bousculent la défense israélienne, franchissent le Canal, avancent dans le Sinaï tandis que les syriens pénètrent dans le Golan. Les premières défenses israéliennes sont infructueuses. A partir d'octobre, les israéliens regagnent du terrain. Ils ont reconquis tout le Golan et il avancent vers Damas.

Chacune à son tour, les deux grandes puissances s'efforcent de parvenir à un cessez-le-feu. Le 21 octobre, le Conseil de Sécurité de l'ONU vote la Résolution 338 : cessez-le-feu dans les 12 heures, application de la Résolution 242, négociations pour une paix juste et durable. Mais les israéliens poursuivent les opération menacent d'intervenir pour venir au secours de el-Sadate et les américains mettent leurs forces stratégiques en alerte. La guerre atomique est évitée car la collaboration globale soviéto-américaine est plus importante que les confrontations régionales. Les américains poussent les israéliens à négocier directement avec les égyptiens. Cela va aboutir à un premier accord puis à un second en janvier 1974.

Les conséquences de la guerre de Kippour :

– Elle révèle l'égalité de valeur sur le champ de bataille entre arabes et israéliens.

– La vulnérabilité d'Israël

– la guerre de résout rien : elle incite donc à la négociations

– elle a poussé les Etats producteurs de pétrole à utiliser un moyen de pression sur le monde occidental avec

l'augmentation du prix du pétrole, ce qui amène à la crise économique mondiale de 1973. Economiquement, l'Egypte a besoin des USA et de la Banque mondiale, ce qui l'amène à se rapprocher d'eux (ce qui implique d'envisager la paix avec Israël).

Militairement la guerre du Kippour a montré que même forts et aidés militairement par l'URSS, les Arabes ne peuvent vaincre Israël (qui a fait savoir en outre à cette occasion qu'il avait la bombe atomique). Cette guerre et les précédentes ont finalement affaibli l'Egypte (qui a perdu la péninsule du Sinaï et la rive occidentale du canal de Suez en 1967).

Idéologiquement, le panarabisme s'est révélé un échec pour l'Egypte (échec de la République arabe unie, contestation du leadership égyptien par la Syrie et la Libye entre autres, divisions dans le camp arabe alimentées par les puissances occidentales).

Enfin, la question palestinienne évolue en termes radicalement nouveaux avec l'autonomisation complète de l'OLP qui n'est plus une marionnette de l'Egypte.

Ces facteurs convergent pour privilégier une paix séparée de l'Egypte avec Israël comme priorité de sa politique étrangère. Cette paix négociée avec le Premier Ministre israélien Menahem Begin sous l'égide du président américain Jimmy Carter est conclue aux accords de Camp David en 1977 et sous forme d'un traité de paix en 1979.

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