Une Asie tout en contrastes
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On constate en Asie un essouflement des conflits, sauf celui du Cachemire. L'Asie orientale prospère s'oppose toujours au pauvre sous-continent indien.
Le désengagement le plus spectaculaire est le retrait de l'armée soviétique d'Afghanistan. L'URSS, qui était intervenue militairement en Afghanistan, y menait une guerre quasi coloniale dans laquelle elle s'était peu à peu enfoncée. Le durcissement des combats s'accentue. La possession par la résistance afghane de missiles anti-aériens Stinger (américain) fat perdre aux soviétiques la maitrise du ciel en 1987. Pour Gorbatchev, sortir l'URSS du bourbier afghan est un objectif prioritaire, car l'offensive de paix soviétique ne peut être crédible tant que l'Afghanistan est occupé. Après le sommet Reagan-Gorbatchev de 1987 à Washington, les événements se précipitent. La diplomatie soviétique fait tout ce qu'elle peut pour obtenir un cessez-le-feu et mettre sur pied un gouvernement de coalition. En avril 1988 intervient l'accord sur le retrait des troupes soviétiques négocié par le gouvernement de Kaboul, le Pakistan, l'URSS et les Etats-Unis. Le retrait des troupes soviétiques s'achèvent en février 1989.
D'autres conflits, dans lesquels l'URSS n'était pas autant impliqué que dans la guerre d'Afghanistan, mais où elle était néanmoins engagée politiquement et financièrement s'arrêtent pour les mêmes raisons générales. C'est le cas de l'intervention du Viêt-nam au Cambodge. Le Viêt-nam annonce le retrait total de ses troupes en avril 1989.
Après le retrait des soldats vietnamiens, la guerre civile fait de nouveau rage. Une tentative pour faire de l'ONU le pivot d'un règlement du problème cambodgien parvient à regrouper les quatre factions khmères sous la présidence du prince Sihanouk et à prévoir un cessez-le-feu. L'accord de paix, signé par tous les participants en octobre 1991, place le pays sous la tutelle des Nations Unies jusqu'à l'organisation d'élections libres. Par la résolution 945, le Conseil de sécurité vote l'envoi de 22 000 hommes et crée l'Autorité provisoire de l'ONU chargée d'acheminer le Cambodge vers une situation normale.
La guerre Iran-Irak aussi s'est arrêtée, en aout 1988, mettant fin à une conflit de 8 ans qui a provoqué la mort d'un million de personnes. En dépit de ses efforts et de la supériorité de son armée, toutes les actions de l'Irak sur les installations pétrolières iraniennes, sur les villes, sur les frontières ont été des échecs relatifs et se sont heurtés à des parades efficaces de l'Iran. On assiste à une intensification des combats, avec utilisation de missiles et recours aux armes chimiques. Le monde s'en est accommodé tout en armant les protagonistes jusqu'à ce que le pourrissement du conflit inquiète la communauté internationale. Deux facteurs y ont contribué :
– les menées subversives et terroristes de l'Iran
– les attentats de septembre 1986 à Paris amenant la rupture diplomatique avec la France
Le deuxième facteur d'internationalisation du conflit concerne le golfe Persique qui devient un lieu potentiel d'affrontement en raison des attaques contre le trafic maritimes et des menaces qui pèsent sur l'approvisionnement pétrolier.
Finalement, la lassitude des combattants, les revers de l'armée iranienne et la pression internationale amènent en juillet 1988 l'Iran puis l'Irak à accepter le cessez-le-feu exigé par l'ONU. La fin de la guerre Iran-Irak , le rétablissement des relations diplomatiques de l'Iran avec la France en juin 1988, suite à la libération des otages français, la mort de l'imam Khomeiny ne mettent pas un terme aux tensions internationales dans le golfe Persique. La guerre du Golfe, causée par l'invasion du Koweit par l'Irak, replonge le monde pour 7 mois, dont 6 semaines dans un conflit armé. Derrière le contentieux qui oppose l'Irak au Koweit se cachent d'une part la volonté de
Bagdad de s'assurer le leadership du monde arabe, d'autre part la nécessité pour l'Occident industrialisé de protéger le « grenier à pétrole » qu'est le golfe Persique. Le Koweit, possédant d'immenses ressources et réserves pétrolières, était une proie tentante pour un Etat endetté comme l'Irak. Enfin, Bagdad accusait le Koweit de contribuer à la stagnation du prix du pétrole et réussit d'ailleurs à faire pression sur l'OPEP pour augmenter de 18 à 21 dollars le prix de référence du baril. L'armée irakienne envahit le Koweit et l'annexe en août 1990. Face à cette violation flagrante du droit international, les Etats-Unis réagissent par la mise en place d'un important dispositif militaire en Arabie Saoudite, qui vise à protéger les Etats du Golfe menacés par l'expansionnisme irakien et à faire pression sur l'Irak par un très sévère embargo, auquel le Conseil de sécurité de l'ONU donne son appui total par la résolution 1661.
L'Irak décide de renoncer à ses conquêtes territoriales sur l'Iran en août 1990. Face à la première grave crise survenant dans l'après-guerre froide, on constate un sursaut de la communauté internationale. Américains et soviétiques condamnent d'une même voix l'agression. Le Conseil de sécurité prend résolutions sur résolutions. Tandis que les renforts affluent dans le Golfe, les menaces et les affirmations d'intransigeance se multiplient tant à Bagdad qu'à Washington. La coalition anti-irakienne autour des Américains regroupe aussi bien des occidentaux que des arabes. L'opération déclenchée sous le nom de « Tempête du désert » se déroule en 2 phases :
– bombardements aériens intensifs
– offensive terrestre.
Elle aboutit à la libération du Koweit et l'occupation d'une partie de l'Irak en février 1991, mais non à la chute de Saddam Hussein. Par la Résolution 687, le Conseil de sécurité fixe les conditions d'un règlement définitif du cessezle- feu, contraignant l'Irak à payer des dommages de guerre et à prendre à sa charge l'élimination de ses armes de destruction massive pour le priver de toute capacité d'agression.
